Patron Aime comme Miss : la déception

Il y a longtemps, bien longtemps, j’avais acheté le patron Aime comme Miss de Aime comme Marie. Ce petit débardeur réversible me faisait fortement envie surtout que j’avais trouvé l’association parfaite avec mon tissu Liberty coup de coeur, le Kayoko version bleue. En étudiant le patron, je me suis dit qu’il était chouette car sans pinces. Grossière erreur de 1h du matin. Breeef. J’ai cousu très rapidement ce top Miss, et en effet, le projet est gratifiant. Les explications sont faciles à suivre. Mais j’aurais dû faire une toile avant. J’ai suivi les indications concernant le tissu et ait pris donc le fameux Liberty Kayoko au style japonisant que j’adore, et une doublure en tissu bleu nuit par Frou Frou. Les bretelles sont en cordon Kayoko.

Comme vous pouvez le voir sur les photos, la réalisation est simple, le projet est plutôt joli…

… Mais une fois porté, catastrophe ! On me voit tout le soutien-gorge et l’effet sac est à son maximum. Bref, gros problème de morphologie. Le patron Aime comme Miss n’est pas taillé pour les formes en « 8 ». J’ai la taille fine, ce qui ne se voit absolument pas, je suis cambrée, j’ai de la poitrine (bonnet D) et des hanches de percheron, et là on ne voit que ça. La coupe ne me convient donc pas. Il faudrait que j’ajoute des pinces de poitrine à minima, mais j’ai une grosse flemme. Bref. Une couture pour rien et un patron acheté pour rien. J’ai eu envie de pleurer, surtout au prix du Liberty. Mais bon, ça m’apprendra à ne pas faire de toile.

Cependant, comme je me dis qu’il y a peut-être quelqu’un qui aura le coup de coeur, si vous êtes intéressé par un échange de réalisation (pas de vente, c’est interdit)… Il a été coupé en taille LL, et les ourlets ne sont pas faits.

Sachez donc que si vous avez une morphologie très féminine, le patron Aime comme Miss ne sera certainement pas pour vous. En tout cas, pas si vous avez de la poitrine. Bouh.

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WTF ?! Aime comme Marie accusée de plagiat (?)

Avant propos : cet article décrit ma déception de « couturière », et n’a aucune vocation à être vindicatif ou autre.

Edit du 27 avril 2015

Les mois sont passés, et je croyais l’affaire close. Que nenni ! Pour suivre tous les rebondissements de l’affaire, rendez-vous sur Threads & Needles. Il y a pplus 100 pages de discussion étayée et particulièrement édifiante. Je me permets de vous en faire un petit résumé, si vous avez la flemme de tout lire. Ceci dit, c’est plutôt sympa, un vrai feuilleton à rebondissements.

NB : consultez le blog de Biquette pour voir les photos et avoir tous les éléments en main. A vous de vous faire votre opinion.

  • Des blogueuses ont reçu des courriers d’avocat via leur hébergeur pour diffamation. Elles ont « corrigé » leurs articles.
  • Une suspicion de plagiat des motifs d’un tissu « croix » a été relevé, car l’artiste d’origine (Hélène Dardik) n’était pas au courant. Le tissu a disparu des sites de vente.
  • Le patron de chemise pour homme « Aime comme mister » a été retiré de la vente, suite à un message des Editions de Saxe.
  • Une information a été envoyée à Burda pour le patron de chemise femme.
  • Le patron « Mulpelp » est épinglé par Biquette et se superpositionnerait totalement à un patron Burda.

Bref, ça commence à faire beaucoup de choses. Et le problème, c’est que plus les blogueuses couture grattent (car le doute s’est installé), plus elles semblent trouver des éléments troublants. N’hésitez pas à vous informer avant tout achat !

Édit du 28 janvier 2015 – 19h50

Marie a rédigé une réponse en 2 parties sur son blog que je vous invite à découvrir afin de vous faire votre opinion avec les arguments des 2 parties.

Article initial

C’est au détour de mes promenades sur Instagram lors d’une nuit sans sommeil que je suis tombée sur cette suspicion. WTF ?! La créatrice de Aime comme Marie aurait plagié des patrons de couture pour les vendre dans sa boutique.  En particulier les chemises pour femme (Aime comme Mythique) et homme (Aime comme Mister). Preuves démontrées à l’appui par la blogueuse Vicomte du Boisjoli que ma curiosité a poussé à visiter.

Je vous invite bien évidemment à prendre connaissance de l' »enquête », en 4 parties : ici. C’est argumenté et bien écrit (et une bonne découverte bloguesque !). Et après ces lectures édifiantes, il faut le dire, je suis restée un peu con. Moi qui vis dans un monde couture où tout n’est que licornes et paillettes, avec un soutien aux créateurs indépendants, suis revenue à la réalité direct. Ben m*rde alors !

Alors, oui, les patrons de couture Aime comme Marie, je les connais un peu. J’en ai 2 sur mon pc (patrons téléchargeables), ils sont payés (4€, ça passe), imprimés, découpés, mais pas encore appliqués (manque de temps pour les vêtements). Donc je ne peux pas trop me prononcer sur la qualité, la taille et les explications. Ce que j’apprécie dans cette marque, c’est justement son côté « basique », avec des petits tops tendances, faciles à coudre, et aisément déclinables en suivant les modes, avec le tissu qui va bien. Ajoutez à cela une maîtrise de la comm’ et du marketing quasi parfaites (même si je n’adhère pas), vous avez presque tout pour réussir. Alors comment une créatrice a pu se laisser tenter par le plagiat pur et simple ? Facilité ? Gain de temps ? Manque de compétences en modélisme ? Mais alors, pourquoi ne pas s’être associée avec une spécialiste dans ce cas ?

Les modèles concernés seraient une chemise femme Burda et une chemise homme du livre  « Les chemises, 26 modèles pour homme ». Les preuves photos apportées par cette chère Vicomte du Boisjoli sont édifiantes et il va être difficile de les ébranler.

Pourquoi je vous en parle ?

Parce que même si je suis de loin la blogosphère couture, j’aime découvrir les patrons indépendants (et j’aime en acheter, coucou Deer and Doe :D), et peut-être que vous aussi. Je suis fière et ravie que vois que certaines couturières arrivent à vivre de leur passion en proposant qualité et originalité. C’est d’ailleurs pour ça que je les achète. Mais là, j’en prends un coup. Pourquoi acheter un patron papier 14€ (qui paraît-il, est tracé à la main, et avec des infos manquantes), alors que celui-ci est issu d’un numéro de Burda ou d’un livre que vous avez dans votre bibliothèque ? C’est se moquer du monde, non ? Il est clair qu’en proposant des vêtements basiques, il est difficile de trouver une originalité, mais de là à recopier. Non, décidément, je ne vois pas. Décalquer un patron dans un bouquin, je sais faire, merci. Et si je me tourne vers un indépendant, c’est justement pour varier de mes livres et magazines. J’ai pris 3 ans de cours de modélisme (oui, on dirait pas), et lorsque nous étions toutes en train de travailler à patronner un même modèle, aucun ne se ressemblait lorsqu’on se comparait. Il y a rarement un « hasard » de retomber pile sur les mêmes coupes.

Un autre truc qui me chagrine, c’est le silence de la créatrice, alors que les articles sont sortis depuis plusieurs jours maintenant. De plus, si les ayant-droits se manifestent (éditeurs entre autre), cela risque d’avoir de fortes répercussions sur son activité. Bon, ça incitera peut-être les couturières à aller voir ces fameuses sources 😉

Ca me fait mal au coeur dans un sens, car ses clientes risquent de se sentir flouées (enfin moi, je me sens ainsi), et d’avoir peut-être le doûte sur les marques de patrons indépendants, tout court. J’espère que ça ne sera pas le cas.

Saki -que je suis en sous-marin depuis des lustres- en parle, et bien, ici, si vous souhaitez poursuivre votre réflexion 🙂

Après, tout ça ne va pas fondamentalement me changer la vie et m’empêcher de dormir. La couture, je la pratique par plaisir et passion avant tout, et sans aucune appartenance à une communauté ! Mais je pense qu’il est important de relayer l’information afin d’être une « consommatrice avertie » (cf commentaires sous l’article de Saki). Le doûte est toujours possible, mais là, il est va être difficile pour la créatrice de se dédouaner et d’imputer tout cela au « hasard ». J’espère juste que le « public » aura droit à des explications. Pendant ce temps, je suspends mes éventuels achats envers cette marque, le temps d’en savoir plus.

Sur ce, je referme la parenthèse, et je retourne à mes petites coutures et autres bricolages ! 😀

PS : la demoiselle Vicomte du Boisjoli propose des patrons téléchargeables de sa patte sur son blog, et ils sont plutôt intéressants ^^
PS2 : bien évidemment, si ce « plagiat » est explicable et expliqué par Marie, j’éditerai cet article afin de pouvoir archiver les conclusions et les porter à votre connaissance.